Dans le cadre d’une entrevue approfondie avec le biologiste médical Michel Shaby Michelet, nous avons exploré une infection sexuellement transmissible (IST) qui suscite de plus en plus d’inquiétude dans le monde médical et dans les communautés : la gonorrhée. Malgré les progrès de la médecine, cette maladie reste un fléau silencieux qui affecte aussi bien les hommes que les femmes, dans toutes les tranches d’âge sexuellement actives. À travers cette analyse, nous proposons de mieux comprendre cette pathologie, ses modes de transmission, ses symptômes souvent invisibles, ses conséquences graves ainsi que les mesures de prévention et de traitement.
La gonorrhée est causée par une bactérie appelée Neisseria gonorrhoeae, identifiée pour la première fois en 1879. Cette bactérie a une affinité particulière pour les muqueuses humides du corps humain : les organes génitaux, le rectum, la gorge et les yeux. On l’appelle parfois « chaude-pisse » dans le langage populaire, en raison de la sensation de brûlure qu’elle provoque souvent à la miction.
La transmission de la gonorrhée est principalement sexuelle, par contact vaginal, anal ou oral non protégé avec une personne infectée. Toutefois, bien que moins courant, un contact bucco-buccal ou fécal-oral peut également suffire à transmettre la bactérie. Contrairement aux idées reçues, cette infection ne discrimine ni sexe ni classe sociale.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 82 millions de nouveaux cas de gonorrhée sont recensés chaque année dans le monde, ce qui en fait l’une des IST les plus répandues à l’échelle planétaire.
Un aspect particulièrement préoccupant, selon Michel Shaby Michelet, est la fréquence élevée des formes asymptomatiques. On estime que 80 à 90 % des personnes infectées — surtout les femmes — ne présentent aucun symptôme, ou bien des signes si légers qu’ils passent inaperçus. Ce caractère silencieux favorise une transmission continue et rend difficile un diagnostic précoce.
Lorsque des symptômes apparaissent, ils varient selon le sexe et le site infecté. Chez l’homme voici quelque symptômes; Écoulement jaunâtre ou verdâtre par le pénis. Douleur ou brûlure en urinant. Douleurs aux testicules ou au bas-ventre. Enflure ou rougeur du pénis. Pour la femme il y a; Écoulement vaginal inhabituel. Douleurs pelviennes ou abdominales basses. Douleurs pendant les rapports sexuels. Saignements entre les règles ou après les rapports. Brûlures en urinant.
Dans la gorge il y a souvent maux de gorge persistants, rougeur, douleurs à la déglutition. Et celle du rectum : écoulement, démangeaisons, douleurs, saignements. Cette diversité de symptômes rend souvent le diagnostic difficile sans dépistage ciblé. Le diagnostic : un geste essentiel pour briser la chaîne de transmission
Pour diagnostiquer la gonorrhée, les professionnels de santé réalisent des prélèvements locaux (urètre, col de l’utérus, rectum ou gorge) ou un test urinaire. Ces prélèvements sont ensuite analysés en laboratoire par culture bactérienne ou tests moléculaires (PCR).
Michel Shaby Michelet insiste sur l’importance de dépister également les autres IST, notamment la chlamydia, souvent associée à la gonorrhée. En cas de diagnostic positif, les partenaires sexuels récents doivent également être informés, testés et traités.
Lorsque la gonorrhée n’est pas traitée à temps, elle peut entraîner de sérieuses complications. Chez la femme : Infection de l’utérus, des trompes de Fallope (salpingite). Risque d’infertilité définitive. Grossesse extra-utérine (en dehors de l’utérus). Douleurs pelviennes chroniques. Chez l’homme. Inflammation de la prostate (prostatite). Infection des testicules (épididymite). Risque d’infertilité. Chez les deux sexes : Infection disséminée dans le sang (gonococcémie) pouvant causer arthrite, dermatite, endocardite. Transmission de l’infection de la mère à l’enfant lors de l’accouchement (risque de cécité néonatale)
Au-delà des conséquences physiques, Michel Shaby Michelet rappelle que la gonorrhée a un impact psychologique et social important : angoisse, stigmatisation, tensions dans les couples, et parfois marginalisation sociale.
Heureusement, la gonorrhée se traite facilement par des antibiotiques, en général une injection de céphalosporines (comme la ceftriaxone) combinée à un traitement oral (azithromycine). Toutefois, l’émergence de souches résistantes est une menace croissante : plusieurs cas de gonorrhée multirésistante ont déjà été signalés dans le monde.
Pour Michel Shaby Michelet, cela implique que les traitements doivent toujours être prescrits par un professionnel. Le patient doit terminer son traitement même si les symptômes disparaissent rapidement. Un test de contrôle est recommandé après traitement pour s’assurer de la guérison
La prévention de la gonorrhée repose essentiellement sur l’usage correct et systématique du préservatif, que ce soit pour les rapports vaginaux, anaux ou oraux. Michel Shaby Michelet insiste également sur la nécessité de réduire le nombre de partenaires sexuels. Avoir un dialogue ouvert sur le statut sexuel avec ses partenaires. Se faire dépister régulièrement, surtout en cas de partenaires multiples. Éviter les pratiques sexuelles à risque sans protection
La gonorrhée reste une infection évitable, curable, mais qui peut avoir des conséquences irréversibles si elle n’est pas prise au sérieux. Informer la population, briser les tabous sur la sexualité, faciliter l’accès au dépistage et promouvoir l’usage du préservatif sont des leviers indispensables pour enrayer la propagation.
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Trè intèresan
Mèsi